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Culture
EXPOSITION : Kandinsky, una rétrospective. Dans l'intimité du peintre

Le Centre d’art contemporain Georges Pompidou peut s’enorgueillir d’abriter la plupart des œuvres de Kandinsky.
En 1933, le peintre s’installe définitivement à Neuilly-sur-Seine. Après la mort de son époux, Nina Kandinsky, lègue au Centre Pompidou les toiles de leur domicile. Quatre ans plus tard, le Centre hérite de toutes les peintures et matériels du studio de l’artiste. De son vivant le peintre vend peu ses toiles. Une chance car le Centre d’art contemporain peut ainsi reconstituer le parcours pictural de ce grand maître et pionnier de l’art abstrait, de ses débuts à Munich à ses derniers travaux réalisés dans son atelier de Neuilly.
Angela Lampe, commissaire de cette exposition et conservatrice au Centre Georges Pompidou, aurait bien baptisé cette exposition « Rétrospective intime » car explique-t-elle : « Presque toutes les œuvres de cette exposition viennent de la collection privée de l’artiste, ce qui confère à cette collection une qualité spécifique, comme si on entrait dans l’intimité du créateur ».
On découvre ainsi un Kandinsky post-impressionniste, influencé par l’imagerie du folklore russe, berceau de son enfance, qui soudainement bascule dans l’art abstrait.
Pourquoi un revirement si soudain ? Un jour, en entrant dans son studio, le peintre remarque l’une de ses œuvres figuratives posée à l’envers. Il y voit alors un assemblage de formes géométriques de différentes couleurs. Un tout autre univers s’offre à lui, celui de l’art abstrait. « Je sus alors exactement que l'objet nuit à mes tableaux », dira-t-il et il peindra dans la foulée Impression V, sa première toile abstraite.
En s’affranchissant de l’art figuratif, Kandinsky découvre que l’art comme la musique peut produire des émotions pures et abstraites. L’artiste les exprime à travers des lignes sinueuses, des formes géométriques et des couleurs primaires. Il se rapproche des peintres russes d’avant-garde allant jusqu’à imiter Malevich. L’école du Bauhaus intéressée par  son style pictural, lui propose d’enseigner la peinture murale. Durant cette période, il crée un de ses chefs-d’œuvre absolu Jaune-rouge-bleu.
  « Ma partie gauche est géométrique. On y voit des lignes droites, fines, des carrés, des rectangles. C’est clair, c’est ensoleillé. A droite, en face, c’est la ligne courbe, le geste manuel sur des couleurs plus sombres, plus froides, le bleu. Et au milieu, le rouge », commente le peintre. Jamais une composition n’atteindra une telle harmonie entre abstraction lyrique et géométrique. Kandinsky a réalisé là une extraordinaire symphonie picturale. On croirait entendre la musique s’échapper de sa toile.
En 1933 les nazis ferment le Bauhaus et Kandinsky s’installe en région parisienne qui est, à l’époque, complètement acquise à Picasso. Il découvre Miró et ses formes biomorphiques. Kandinsky copie le peintre espagnol. En contemplant « Bleu de ciel » on pourrait s’y méprendre. Les formes semblent flotter allègrement dans la toile. Mais durant la seconde guerre mondiale, son style change. Kandinsky construit des formes géométriques plus fermées, plus denses, plus pesantes. Sa palette de couleurs s’assombrit. Vers la fin de la guerre cependant ses toiles retrouvent la gaieté et la légèreté contenues dans « Bleu de ciel ». L’artiste voyait poindre l’espoir d’un jour meilleur.

Sabine Fresno

INFOS PRATIQUES

Jusqu'au 28 février 2016
Centro Centro
Plaza de Cibeles 1
http://www.centrocentro.org/centro/exposiciones 

 

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